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L'allaitement de bébés prématurés

jeudi 19 janvier 2017

http://mamandejumelles.blogspot.com/2017/01/lallaitement-de-bebes-prematures.html

Comme je l’ai déjà brièvement évoqué dans un précédent article, les bébés prématurés de moins de 35 SA ne peuvent recevoir que du lait maternel, pas de lait en boîte donc.

J’avais de toute manière l’intention d’allaiter mes filles dès le début et je me suis donc lancée dans la grande (més)aventure de l’allaitement dès leur arrivée.


Quelles quantités de lait? Comment en avoir beaucoup?



J’ai vite appris à ma servir d’un tire-lait et me suis appliquée à tirer mon lait toutes les trois heures (avec une pause de 5/6 heures la nuit). Même si les premiers jours étaient un peu décourageants car les quantités étaient très petites, j’ai fini par trouver mon rythme et avoir de plus en plus de lait. Je tenais consciencieusement un petit carnet où je notais le nombre de séances par jour et les quantités récoltées (je suis un peu du genre à tout noter, à faire des listes pour tout et rien…).

Les quantités de lait sont très différentes d’une maman à une autre, mais pour ma part j’ai vite eu des quantités assez importantes. Au bout de quatre mois, je tirais un litre et demi de lait par jour ! Une vraie vache laitière !

Il paraît que les mamans de jumeaux ont plus de lait, car le corps sait qu’il faut en produire deux fois plus. Pourtant, d’autres mamans de jumeaux que je connaissais n’en avaient pas forcément autant. J’étais fière de moi, et j’étais bien connue au lactarium de l’hôpital où je débarquais régulièrement avec de grandes quantités de lait dans des sacs isotherme. J’ai même donné mon accord pour qu’ils en donnent à d’autres bébés dont les mamans n’avaient pas la chance d’en avoir autant.

Je buvais beaucoup d’eau, mangeais des produits laitiers, et tirais mon lait toujours au moins cinq ou six fois par jour pour stimuler la production.

Les problèmes liés à l'allaitement:


Mais bon, c’est pas pour autant que cette phase d’allaitement reste un bon souvenir pour moi... D’abord parce que je pense avoir connu à peu près tous les petits et grands malheurs liés à l’allaitement : soucis de matériel (téterelles trop grandes ou trop petites, dysfonctionnement de l’appareil), soucis physique (crevasses, engorgements, seins douloureux et sensibles), et surtout fatigue morale… Ben oui, c’est pas marrant de s’isoler dans une pièce, de se coller des ventouses sur les seins, et de ne même pas réussir à en faire boire une seule goutte à ses filles autrement que par sonde…

jumeaux-jumelles-prématurité-allaitement
Apprentissage de la tétée avec mon papa
Au final, l’allaitement à toujours été pour le bien de mes filles, jamais pour le mien. Et si j’ai tenu aussi longtemps, c’est parce que je savais qu’elles en avaient besoin. J’ai donc pris sur moi, et tenté toutes les solutions que je pouvais trouver face à chaque problème rencontré, avec l’aide de la spécialiste de l’allaitement à l’hôpital, en demandant des conseils aux sages femmes, en faisant des recherches sur Internet. J’ai parfois eu quelques bons conseils, par exemple le nom d’une très bonne crème pour les crevasses, ou encore la suggestion de changer de taille de téterelles. Tant qu’on veut allaiter, on trouve toujours des personnes pour nous y aider.

Mais j’ai commencé à réellement me décourager à partir du moment où on m’a poussé à faire des mises au sein de plus en plus souvent. Parce que ça ne marchait pas. Et du coup, j’avais l’impression que je ne faisais plus que ça… Essayer de mettre au sein, puis aller tirer mon lait puisque ça n’avait pas marché, et recommencer…

Et puis un jour ça a commencé à marcher un peu. Et en fait, c’était encore plus fatiguant… Parce que du coup, il fallait peser mes petites puces avant la tétée, puis après la tétée pour voir combien elles avaient pris, pour qu’ils puissent compléter par la sonde, et moi je devais encore et toujours aller tirer mon lait puisqu’elles n’en prenaient que très peu.

Mais je continuais à m’accrocher, pour leur bien… toujours pour elles.


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