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1e peau à peau avec mes bébés prématurés

dimanche 15 janvier 2017

http://mamandejumelles.blogspot.com/2017/01/temoignage-le-premier-peau-peau-avec.html

Enfin est arrivé le moment où on a pu commencer à les prendre dans nos bras en peau à peau.

Mais là encore, cela a été assez compliqué…


Pas si simple ce premier peau à peau...:


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Premier câlin avec mon papa
 L’infirmière a tout d’abord installé Abigaëlle sur mon mari. Il s’est assis dans un fauteuil, et elle lui a posé notre petite crevette sur le torse, bien au chaud contre sa peau.

Avec tous les fils qui relient Abi aux machines, tout ça n’est pas très confortable, et une fois que le peau à peau est commencé on ne peut plus bouger pendant une paire d’heures, mais c’est le mieux qu’on pouvait avoir et c’était déjà énorme pour nous.

Puis elle a voulu installer Rose sur moi, mais malheureusement elle désaturait un peu trop (c'est-à-dire que sa respiration n’était pas assez stable donc son taux d’oxygène dans le sang était trop bas, ce qui lui faisait faire des minis malaises), et donc elle a voulu d’abord changer du matériel.

Sauf qu’elle ne savait plus comment allumer tel truc ou faire fonctionner telle chose, et elle devait aussi s’occuper d’autres bébés, donc elle ne faisait que courir partout et moi j’attendais, totalement impuissante et prête à pleurer de frustration…

Et pendant tout ce temps, Rose désaturait toujours, j’étais inquiète, et je regardais avec envie mon mari qui était toujours dans le fauteuil avec Abi.


Frayeurs et frustrations:


Au bout d’environ trois heures, elle avait fini de changer le matériel (avec l’aide d’une autre puéricultrice qui est venue à son secours), mais m’annonçait que le peau à peau avec Rose ne serait pas possible aujourd’hui, qu’il ne fallait pas la bouger. Mais pour palier à ma frustration (mêlée de  colère et de tristesse), elle acceptait d’installer Abi sur moi, même si ce n’était que pour trois quarts d’heures (ben oui, on était là depuis des heures, on allait bientôt devoir partir), alors que normalement elle ne le faisait pas pour moins d’une heure et demie/ deux heures. Je me suis retenue de lui dire que si elle n’avait pas fait n’importe quoi depuis trois heures j’aurais déjà pu câliner Rose depuis longtemps et qu’elle avait bien intérêt à m’installer Abi quelque soit le temps qu’il me restait car sinon mes nerfs auraient réellement lâchés pour de bon…

Mais le problème, c’est qu’au final à chaque fois qu’il y avait un souci ou qu’on n’était pas forcément à 100% d’accord avec le personnel, bien souvent on n’osait rien dire, parce qu’après on avait peur qu’ils s’occupent moins bien de nos bébés. Ce qui est probablement un peu bête car c’est leur métier quand même… Mais quand est parents, qui plus est parents de prématurés, on n’a pas toujours les idées claires… Après tout, ils savent ce qu’ils font, non ?
Je dirais que oui. La preuve : mes petites puces sont toujours là pour en témoigner ! Et pourtant, il y a quand même eu des moments où on a douté en leurs compétences. Mais je crois aussi qu’on a parfois pas eu de chance et c’est tout, c’est comme ça…

Par exemple : Rose a continué à faire ses minis malaises, ils se sont même intensifiés et multipliés. Elle s’arrêtait de respirer et devait être ranimée… Afin de comprendre ce qu’il se passait, ils ont fait une radiographie, et se sont alors aperçus que le cathéter principal était enfoncé trop profondément, ce qui causait un épanchement de liquide qu’ils ont dû ponctionner. La question qu’on leur a posé alors était la suivante : étant donné la gravité des risques, pourquoi ne faites vous pas une radio tout de suite après avoir posé le cathéter ?? Réponse : non, on ne fait pas de radiographie systématiquement (trop cher ? manque de temps ?), ces problèmes arrivent parfois mais pas à chaque fois.

Ma fille avait 8 jours de vie et j’avais déjà cru la perdre… Je vois encore ses petits yeux grands ouverts juste après avoir fait un malaise, alors qu’ils étaient en train de l’aider à respirer. Cette scène précise est revenue souvent me hanter bien après notre sortie de l’hôpital, sous formes de mini flashbacks vifs et douloureux.


Premier double peau à peau:


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Double peau à peau avec maman
Par la suite on pouvait faire du peau à peau chacun de notre côté, mon mari avec Rose, moi avec Abi, puis l’inverse, mais chacun de son côté et toujours chacun son tour. Le premier « double » peau à peau n’a pu se faire qu’au bout d’environ un mois, quand mes petites puces ont été déplacées dans une plus grande pièce qui pouvait accueillir quatre couveuses. Il y avait donc une autre paire de jumeaux, deux petits garçons nés quelques jours avant elles, à peu près au même terme. Nous pouvions enfin venir voir nos petites princesses toutes les deux à la fois et être tous les quatre dans la même pièce!!

Cette fois-ci je n’ai pas laissé ma place au papa, je voulais être la première à profiter du double peau à peau, on ne sait jamais… ! J’ai enfin eu mes deux petites puces dans mes bras, elles se retrouvaient côte à côte pour la première fois depuis leur séparation à l’accouchement. Un moment chargé en émotions comme vous pouvez l’imaginer… J’en ai encore les larmes aux yeux aujourd’hui en écrivant ces lignes. On a pris une multitude de photos, ça nous a redonné des forces de vivre ces retrouvailles !



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