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Le personnel de réanimation néonatale

mardi 17 janvier 2017

http://mamandejumelles.blogspot.com/2017/01/temoignage-nos-relations-avec-le.html

Mes petites guerrières se sont accrochées, faisant chaque jour de petits progrès.

On a rapidement demandé un rendez vous avec un médecin du service pour pouvoir lui poser des questions.


Les médecins:


On voulait savoir quelles étaient leurs chances non seulement de vivre, mais de vivre normalement. Auraient-elles des séquelles ? Si oui, quel genre ?

jumeaux-jumelles-prématurité-câlin-réanimation néonatale
Petit câlin avec papa
Il nous a donné des chiffres, parlé en termes médicaux un peu complexes. Je n’ai pas tout compris, et je n’ai pas tout retenu. Mais d’après ce que j’ai saisi, mes puces avaient l’air en bonne voie, et c’est tout ce qui m’importait. Il nous a prévenu que les premiers temps étaient décisifs, mais le chemin allait être long et semé de victoires et de défaites, car à chaque fois qu’un progrès était fait, il y avait souvent aussi des petits retours en arrière qui étaient inévitables.

Car leur méthode est la suivante : dès que les choses sont un peu stabilisées, ils essayent de pousser les bébés à faire d’autres progrès. Donc dès qu’elles s’en sortaient bien pour respirer avec tel masque, telle pression d’oxygène, ou telle machine, ils changeaient de masque ou diminuaient la pression d’oxygène pour qu’elles respirent un peu plus par elles mêmes, et si ça n’allait pas ils revenaient en arrière, puis ils réessayaient et ainsi de suite…

On nous a expliqué que souvent, quand un bébé faisait des progrès dans un domaine, il stagnait, voire régressait dans un autre. Par exemple, si elles faisaient des progrès pour respirer, elles ne prenaient pas trop de poids. Mais que c’était normal, qu’il allait falloir être patients, et savoir se réjouir des petits pas en avant, et ne pas se décourager face aux pas en arrière.


La psychologue:


On nous a attitré une psychologue, c’est la procédure quand on est parents de bébés prématurés. Ils veulent voir comment on accuse le choc, si on n’est pas en train de devenir fou ou de tomber en dépression profonde… Je ne sais pas si c’est censé nous faire du bien de lui parler, en tous cas je sais que pour ma part c’était plutôt une corvée. En plus, je me mettais quasiment chaque fois à pleurer quand je lui parlais, alors qu’à la base j’étais en train de changer une couche ou de faire un câlin, et j’avais juste envie de profiter de ces instants avec mes puces. J’essayais donc plutôt de l’éviter, mais elle finissait toujours par revenir…


Les puéricultrices et infirmières:


Au final, mes « préférées », c’étaient les puéricultrices et infirmières. D’abord, parce que c’est elles qu’on voyait le plus, vu que c’est elles qui faisaient les soins de nos petites poupées. Les médecins faisaient leur tournée une fois par jour, donnaient leurs instructions et repartaient. Quand on avait une question à leur poser, on devait souvent demander aux puéricultrices de transmettre le message…
Chaque puéricultrice avait un certain nombre de bébés sous sa surveillance, et c’étaient souvent les mêmes qui avaient nos puces, donc forcément c’étaient nos chouchous ! Et on sentait aussi à la manière dont elles s’occupaient des bébés que ce n’était pas juste un travail pour elles. Certaines se sont réellement attachées à mes puces, et ont continué à me demander des nouvelles même plus tard quand on avait changé de service. Cela me rassurait tellement de savoir que mes princesses ne manquaient pas de tendresse, même quand je n’étais pas là.

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Double peau à peau
Je pense que si je les appréciais autant, c’est aussi parce qu’elles avaient un langage moins médical que le reste du personnel, notamment les médecins, et du coup je pouvais plus facilement parler avec elles sans avoir à choper un mal de crâne en essayant de comprendre toutes les explications…

La fréquence de nos visites dans le service a aussi penché dans la balance. Comme les puéricultrices nous voyaient beaucoup, elles essayaient de nous impliquer au maximum, nous encourageaient toujours en nous disant qu’on s’en sortait très bien, et prenaient le temps de nous installer nos puces en peau à peau même si elles étaient débordées et que ça leur prenait du temps de faire ça en plus. Elles prenaient également le temps de venir parler au téléphone quand j’appelais pour prendre des nouvelles de mes petites chéries le soir avant d’aller me coucher, le matin en me levant avant de pourvoir venir, etc.

L’une d’elles m’a d’ailleurs dit un jour que le courant passait bien avec nous, et qu’une des raisons était qu’on venait pas mal. C’est vrai que certains bébés prématurés ne reçoivent malheureusement pas ou peu de visites… ça fait tellement mal au cœur de voir ces touts petits bébés délaissés… Bien sûr les parents ont certainement leurs raisons, et je ne suis pas là pour juger. Je constate juste. Et puis moi ça m’a fait du bien de me dire que je faisais de mon mieux pour mes filles, parce que je culpabilisais parfois énormément de ne pas pouvoir être auprès d’elles nuit et jour (déjà que je culpabilisais de ne pas avoir pu les garder au chaud dans mon ventre plus longtemps…).

C’est grâce à elles également que nous sommes vite devenus assez autonomes non seulement pour faire les soins, mais aussi pour gérer les alarmes des machines. Bon bien sûr, ça dépend lesquelles… mais quand une machine sonne toutes les deux secondes pour signaler qu’une seringue de lait est finie, ben on est contents de savoir arrêter l’alarme parce qu’on sait que sinon elle va continuer à sonner vu que les puéricultrices connaissent les sonneries et n’accourent que si c’est une urgence. Elles ne vont pas arrêter les soins sur un bébé juste parce qu’une seringue est finie dans la pièce d’à côté…

Elles nous ont donc appris à gérer certaines alarmes, et à en comprendre d’autres, afin de moins s’inquiéter. Une maman dont j’ai fais la connaissance par la suite m’a avoué que chaque fois qu’une alarme sonnait, elle paniquait parce qu’elle ne savait pas ce que ça voulait dire et imaginait à chaque fois que c’était grave. Et comme parfois le personnel était long à venir (parce que lui savait que ce n’était pas important), elle avait peur qu’ils n’entendent pas, qu’ils ne viennent pas… Et donc le fait de comprendre l’utilité de chaque machine et de chaque alarme m’a beaucoup aidé à moins paniquer, même si la gêne auditive restait très forte !

Car chaque fois qu’on entrait dans le service, on entendait les bips bips des monitorings, certains plus forts que d’autres. Chaque fois je me hâtais d’aller jusqu’à mes filles pour voir si c’était de leur machine que venaient les sonneries, si c’était juste pour indiquer qu’une injection qui était finie, ou s’il y avait un souci, si quelqu’un était déjà en train de s’occuper d’elles. Et tout le temps où nous étions avec elles, il y avait toujours une alarme qui sonnait, ici ou à côté.

D’ailleurs, le jour où il n’y a plus eu tous ces bips bips, j’ai eu peur… Peur de ne pas savoir s’il y avait un problème quelconque, parce qu’on avait appris à se fier à ces alarmes pour nous dire quand quelque chose n’allait pas. Mais au final, j’ai découvert que cette petite chose qu’on appelle l’instinct maternel, c’est pas de la blague ! ;)


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5 commentaires :

  1. Je suis puéricultrice dans ce service et votre récit m'a beaucoup ému. Plein de bonheur à votre famille.

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    1. Merci beaucoup! On s'est peut être croisés !! 😉

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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