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La reprise du travail après un long arrêt

lundi 26 février 2018


 https://mamandejumelles.blogspot.com/2018/02/la-reprise-du-travail-apres-un-long.html

Dans un article précédent (celui-ci), je vous parlais de mon congé parental, qui a duré jusqu'aux trois ans des filles.

Puis je suis restée un an au chômage, le temps de préparer (et d'obtenir !! 🍾) le CAPES de documentation.

Après une si longue période d'arrêt, certaines choses ne sont pas forcément évidentes à gérer... Voici ma petite liste!


👥 Se réhabituer aux gens:



Se réhabituer aux gens, c'est l'une des choses que je trouve le plus dur!

Quand j'étais en congé parental puis au chômage, je vivais dans ma petite bulle avec mes filles, et je ne côtoyais pas grand monde.

Mais en reprenant le travail, je me suis mise à croiser de nouveau toutes sortes de personnes, et ce ne sont pas toujours les plus sympathiques (d'autant plus que je prends les transports en commun pour me rendre au boulot, mes "chances" de croiser des gens étranges est donc encore plus élevées!!!):

  • les gens qui sentent mauvais : oui, malheureusement, ça arrive... pas de chance quand cette personne vient justement s’asseoir à côté de toi dans le train, et qu'il reste plus des trois quarts du trajet à faire... Il ne reste plus qu'à prendre son mal en patience, faire mine de devoir descendre du train au prochain arrêt et en profiter pour changer de place (fonctionne aussi pour les rencontres avec les catégories de personnes qui suivent, mais quand même assez chiant embêtant parce qu'il faut remballer toutes ses affaires et tout ressortir deux minutes plus tard...). 
  • les gens qui te parlent, alors que tu n'as pas envie de parler: autant dire que le matin, quand tu te lèves à 6h20 pour aller prendre le train, en sachant que tu ne seras rentrée chez toi que vers 20h environ, ça ne met pas toujours de bonne humeur... Bon courage à celui qui essaye d'engager une conversation avec moi ces jours-là! Mais bon, honnêtement, ça n'arrive pas très souvent (déjà parce que je suis quand même rarement de si mauvaise humeur, et aussi parce que quoi qu'il en soit les gens me parlent rarement, trop occupés à envoyer des textos / jouer à Candy Crush / se prendre en selfie pour vérifier sa coiffure, ...).
  • les gens qui t'ignorent, alors que tu as envie de parler : parfois, je suis quand même bien contente de voir des gens, et j'ai envie de leur parler. Sauf que ça leur fait peur (qu'est-ce qu'elle me veut celle-là??!!), ou alors ils n'ont pas envie (en témoigne le téléphone vissé dans la main ou les écouteurs dans les oreilles), ou bien ce sont des petites mamies dures de la feuille... 
  • les gens qui ne s'arrêtent pas de parler : chouette, aujourd'hui je suis de bonne humeur et en plus j'ai réussi à trouver quelqu'un à qui parler!! Petit problème: il ne s'arrête plus de me raconter sa vie, et là franchement, j'ai hâte que le train arrive, parce que moi je m'en contrefiche de sa passion pour les chihuahuas!! Finalement, je ne suis jamais contente...!
  • les fous : autant dire que ça arrive assez rarement, mais quand ça arrive je les évite autant que possible... Mais il m'est déjà arrivé d'être dans le train avec un mec qui avait apparemment la tourette (vous savez, ces gens qui ne contrôlent pas ce qu'ils disent et qui se mettent à crier des insanités à voix haute?). En tous cas, ça réveille le matin d'entendre "pas le cul!" - "enfermé" - "non, non, non!" - "grosse puuuuuuute!" ... Il y a aussi parfois des gens qui parlent tous seuls, mais ça c'est juste rigolo. 😉
  • les gens bourrés : eux aussi, étrangement, je cherche plutôt à les éviter... L'autre jour il y en a un qui est monté dans le train, complètement ivre, qui est tombé sur une jeune fille tranquillement assise (d'autres passagers ont dû le relever car il en état incapable...). Quelques minutes après il s'est endormi (avec une canette à la main, qu'il n'a jamais lâché même endormi!), et quand les contrôleurs sont passés lui demander son billet il leur a sorti un ticket de caisse et était à peine capable d'aligner trois mots. Apparemment, il n'était même pas monté dans le bon train... J'ai eu peur qu'il vomisse sur quelqu'un pendant le trajet!
  • les gens qui ne regardent pas où ils vont (voire qui te bousculent intentionnellement) : j'en reviens encore au problème des téléphones portables (et parfois je ne suis pas mieux que les autres d'ailleurs...). Qu'est-ce que ça m'agace de me faire bousculer par des gens qui ne regardent pas où ils vont parce qu'ils sont trop occupés avec leur smartphone!!! (certains ne me voient pas parce que je suis trop petite, mais ça c'est autre chose...! 😆).
  • les gens malades : dans le train, rien de plus agréable de se retrouver à côté de quelqu'un qui renifle bruyamment et tousse comme si un de ses poumons allait se décrocher, n'est-ce pas? Et au boulot, quoi de plus sympathique que de faire la bise à un collègue, lui demander gentiment s'il va bien, et l'entendre nous répondre "rolala non ça va pas du tout je suis malade comme un chien!" (et du coup, tu m'as fait la bise pour partager tous tes microbes?! trop aimable dis donc! justement ça tombe bien demain c'est les vacances, je mourrais d'envie de choper ta gastro!).
  • les petits malins qui font semblant de te faire un croche pied : inutile de vous dire que j'adore ça bien sûr (ceci est ironique, je précise... au cas où...). Je ne suis déjà pas hyper à l'aise avec ma trottinette (j'ai plus l'âge...!!), mais quand je passe devant un groupe de petits cons collégiens qui font mine de me bousculer, ça m'énerve (en plus de manquer de me faire tomber).

Bref, se sentir comme une toute petite fourmi au milieu de tous ces gens parfois bien étranges...


J'allais presque oublier de vous parler de "tête de con" (je lui ai trouvé un petit surnom sympathique qui lui va comme un gant) : 
- "tête de con" est toujours en train de râler tout seul (il fait froid, le train est encore en retard, il fait chaud, il pleut, bref, toujours quelque chose à redire...), 
- "tête de con" est toujours impatient et arpente le quai sans arrêt jusqu'à ce que le train arrive,
- dès que le train entre en gare, "tête de con" se précipite vers la porte du train la plus proche et veut être le premier à monter dans le train (quitte à empêcher de sortir les gens qui veulent descendre du train), 
- "tête de con" veut une place assise, tout de suite.
Bref, il m'énerve, et en même temps il me fait bien rigoler!!


💣 Faire face aux réalités du monde:



A force de croiser et d'observer tous ces gens jour après jour, ce qui me frappe le plus finalement c'est que tout le monde, et moi y compris, sommes stressés, pressés, et pas mal renfermés... 

Chacun se dépêche de monter dans le train (parfois même en bloquant le passage aux gens qui veulent en sortir... hé banane, s'ils ne sortent pas, on ne peut pas monter!), puis se dépêche de sortir son téléphone / son bouquin / son ordi pour s'occuper, comme si on culpabilisait de ne rien faire, ou on se dépêche de fermer les yeux ("il faut que je dorme, vite vite c'est maintenant où jamais!") sans croiser le regard des autres (au cas où ils chercheraient à engager une conversation... non mais vous imaginez, quelle horreur?!!), et enfin se dépêche de sortir du train pour se rendre le plus vite possible au boulot.

Bon il faut dire qu'une fois sur deux, le train est en retard, donc forcément ça n'aide pas car après il faut courir un peu pour compenser...

Une autre réalité est parfois compliquée à accepter: le fait que nous vivons dans un monde "dangereux".
Difficile de ne pas le voir quand on croise des soldats armés dans la gare, qu'on doit montrer son titre de transport pour avoir même le droit de rester dans la gare, qu'il y a des caméras de surveillance et des vigiles partout, qu'on doit ouvrir son sac pour rentrer sur son lieu de travail...
Dans mon petit village, je ne sentais pas tout ça.
Et parfois, quand je me retrouve seule au milieu de tous ces gens, j'ai peur de me retrouver au milieu d'un attentat, de me faire agresser...
Alors j'essaye d'être vigilante, et de ne pas trop y penser parce que ça ne change rien. 

Un autre aspect tellement cool quand on reprend le travail: les démarches administratives!!! Youpi!! Rien que pour cet aspect là, on aurait envie de s'exiler sur une île déserte où le mot "formulaire" n’existe pas... Mais bon, pas le choix! Alors on s'y met, et on prend son mal en patience...



⌚ Trouver une nouvelle organisation:



Reprendre le travail, c'est forcément aussi devoir trouver une nouvelle organisation avec les enfants.
Heureusement la "séparation" avec les enfants s'est faite de manière progressive pour ma part, puisque les filles avaient déjà commencé à aller à l'école.
Mais je ne suis plus forcément disponible pour les déposer à l'école le matin, et pour les récupérer à 17h à la sortie de la classe.

Il a donc fallu trouver toute une organisation, et au final les puces vont et reviennent de l'école avec maman, ou avec papa, ou avec mamie, ou avec papy.

Grâce à cette organisation, elles vont tous les jours à la cantine (mais elles aiment bien ) et par contre elles ne vont jamais à la garderie le matin, elles peuvent dormir jusqu'à huit heures les chanceuses! Elles vont parfois à la garderie du soir, mais là elles adorent et on a même du mal à les récupérer tellement elles s'amusent! ("ze veux pas rentrer à la maison, ze veux rester à la garderie!!!!" arf...).

Tout cette organisation est quand même parfois compliquée à gérer pour moi : préparer les vêtements la veille pour que mamie / papa sache quoi leur mettre, penser à préparer les goûters pour le lendemain si elles restent à la garderie, préparer leurs baskets dans l'entrée le jeudi matin pour que mamie les prenne, ...

Au final, ce qui est plus dur à gérer, c'est le fait de moins les voir, et de culpabiliser d'être moins disponible. Heureusement qu'elles aiment beaucoup leurs copains copines de l'école, et que tout se passe bien là bas.

Il y a certains jours où je n'y pense pas trop, mais il y a aussi certains jours où mes petites princesses me manquent énormément...

Heureusement, j'ai sur mon téléphone quelques dizaines centaines de photos d'elles, et je peux donc regarder leur petite bouille de temps en temps, ça me fait du bien à mon petit cœur!



😄 Se satisfaire de tout le positif à en tirer:



Reprendre le travail, c'est aussi :

- faire quelque chose pour moi, et qui me plait : et ça, il était temps! Comme quoi il n'est jamais trop tard!! Même si j'avoue que reprendre des études à 33 ans n'est pas facile... mais faisable!

- se sentir utile et rencontrer des nouvelles personnes,

- gagner des sous : euh... à relativiser!! parce qu'au final je gagne un peu moins qu'en étant au chômage, mais quand même plus qu'en étant en congés parental!

- se pomponner à nouveau : j’avoue que je me laissais parfois un peu aller quand j'étais en congés parental et au chômage... Mais en fait, bien m'habiller et me maquiller me fait du bien (j'ai toujours été un peu coquette...).



Alors c'est sûr, reprendre le travail après un long arrêt n'est pas toujours facile, cela demande un peu de courage, beaucoup de patience, et énormément d'organisation! 

Mais au final, j'aime mon nouveau travail, et je suis fière d'y être parvenue!



2 commentaires :

  1. Chouette ce bilan... Après 7 ans à la maison, j'avoue que la reprise éventuelle d'un boulot m'angoisse un peu ! Mais tu prouves que c'est possible de le faire avec le sourire (ou presque)...

    Profite...

    Bises
    Virginie

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    Réponses
    1. Merci Virginie! Oui ça fait un peu peur et c'est sûr qu'il y a des ajustements à faire, mais c'est tout à fait possible!!!! Bon courage à toi !

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